Kaldaeria, le carnet de Phanat

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Seite verifiziert Erstellt am 23. Mai 2017 #Noob #Néogicia #Olydri #Phanat Kontakt

[Ancienne version] Kaldaeria - Chapitre 2 - Les épreuves des épées sacrées - 1ère partie

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  • Les premiers rayons de soleil franchirent les crêtes des montagnes de l'Est. Les coqs commencèrent à chanter dans les fermes. De la brume se formèrent au dessus des champs. Trois petites lumières se baladaient rapidement sur les sentiers qui entouraient les champs agricoles. C'était des petites lampes à bougie qui étaient attachées sur les têtes de Shenlaw, Léna et Farang. Ils étaient en train de courir à un rythme régulier depuis une heure environs. Ils arrivèrent à un croisement dont les chemins menèrent vers leurs maisons. Ils s'y arrêtèrent à peine essoufflés et commencèrent à faire des étirements.


    - Wow, je suis pas fatigué du tout maintenant, dit Farang. J'aurai jamais cru que ça serait possible il y a un mois. 

    - Pareil. J'ai du mal à croire qu'au début on crachait nos poumons après seulement dix minutes de course, dit Léna. Maintenant, on peut courir pendant plus d'une heure tranquillement. On enchaîne sur quels exercices cette fois-ci ?

    - On va juste faire des étirements et dix minutes de circulation de ki pour bien récupérer, dit Shenlaw. Ça va être une longue journée aujourd'hui. Il va falloir être en forme.

    - Avec notre entraînement, je me sens d'attaque pour les épreuves des épées sacrées ! dit Farang. On va avoir de bons résultats pour la rentrée à Grande École.

    - Je ne sais pas si ça va suffire, dit Shenlaw. On a juste un peu plus d'endurance et de force que la plupart des enfants de notre âge mais ça n'est pas une garantie pour les réussir.

    - Un peu d'optimisme monsieur le rabat-joie. On ne sait jamais !

    - Vous au moins vous pouvez y participer, dit Léna en boudant.

    - T'inquiètes, deux ans ça passe vite, dit Farang. Et puis tu auras plus le temps de t'entraîner que nous.

    - Ne sois pas pressée petite sœur, la Grande École sera un enfer comparé à l'école communale. Il va falloir apprendre les mathématiques, la littérature, la poésie, le dessin, la peinture, l'astronomie… dit Shenlaw le sourire aux lèvres. J'ai hâte d'y être ! Plus qu'une semaine !

    - C'est qui qui ne doit pas être pressé maintenant ? dit Léna.

    - … Bon ! On passe à la circulation du ki.


    Les trois enfants se mirent à effectuer des gestes lents, harmonieux et accompagnés de respirations maîtrisées tout en étant synchronisés. Leurs mouvements faisaient penser à une danse. Les ki de Léna et de Farang se manifestaient autour d'eux en une aura rouge légèrement visible mais rien n'apparaissait pour Shenlaw. Farang semblait préoccupé par le problème de son meilleur ami.


    - Shenlaw, il n'y a rien dans le livre d'Estiel qui pourrait t'aider à utiliser ton ki ? demanda Farang.

    - Pour l'instant j'ai rien trouvé, dit-il. Décoder le livre est plus dur que je le pensais. J'ai à peine fini le chapitre qui parle de la circulation du ki la semaine dernière. Pour vous donner un ordre d'idée, si ma main était le contenu du livre, je n'aurai même pas fait le blanc de l'ongle qui dépasse quand il est bien coupé.

    - N'empêche, même avec seulement ça et les exercices physiques, on a fait de gros progrès, dit Léna. En plus, c'est pas compliqué. Je me demande pourquoi on n'apprend pas ça à l'école.

    - Je sais pas. Mais je sais que grande sœur Méléa et grand frère Kravann ont appris des techniques similaires à la Grande École, dit Shenlaw. Et puis il faut quand même être motivé à s'entraîner comme on le fait.

    - C'est vrai que les autres nous ont pris pour des fous quand on leur a demandé, dit Farang. Tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu'ils ratent !

    - Par contre, je ne sais pas si on aura le temps de faire les exercices quand on sera à la Grande École, dit Shenlaw. Les journées de cours sont assez chargées.

    - Bah, on verra.


    Quelques minutes plus tard, les trois enfants finirent leur entraînement.


    - Farang, on se retrouve à l'école pour le départ ? demanda Shenlaw.

    - Yep, dit Farang. 

    - À tout à l'heure Farang, dit Léna.

    - Tu viens aussi finalement ? demanda-t-il.

    - Yep. Je veux revoir grand sœur, même si c'est de loin.

    - Elle a cassé les pieds à mon père pour aller la voir à l'épreuve, dit Shenlaw. Je ne suis même pas sûr qu'on la verra. Elle sera trop occupée à escorter le seigneur Estiel et le Beysak géant qu'elle a tué.

    - Je sais. Au pire des cas, je verrai vous vautrer dans les épreuves, dit-elle.

    - Il y a de fortes chances, dit Shenlaw.

    - Parle pour toi ! dit Farang. Moi, je vais faire un tabac ! Sur ce, j'y vais. À toute !

    - À toute ! dirent Léna et Shenlaw.


    Farang s'en alla. Léna et Shenlaw prirent un autre chemin pour aller chez eux. Après quelques minutes, Léna et Shenlaw se retrouvèrent devant une modeste maison en brique et une basse-cour un peu plus loin. Des travaux d'agrandissement étaient en cours sur un des côtés de la maison. De la fumée sortait de la cheminée située au milieu du toit. Une bonne odeur de potage de légume flottait dans l'air et mettait l'eau à la bouche aux deux enfants affamés par leurs exercices physiques. Ces derniers firent un petit tour et entrèrent dans la maison par une petite véranda. Ils enlevèrent leur chaussures et les rangèrent dans un petit meuble dédié. La véranda donnait directement sur la salle de séjour. Ils virent leur mère Ellia en train de préparer au milieu de la pièce un potage sur une cuisinière en pierre et en bois et qui avait la forme d'une table. Cette dernière était une invention de Shenlaw qui n'avait pas vraiment convaincu sa famille au premier abord, mais qui l'avait trouvée très pratique après quelques utilisations.


    - On est de retour, cria Léna.

    - Votre entraînement s'est bien passé ? demanda Ellia.

    - Tranquille. J'ai trop faim maintenant.

    - Le petit déjeuner est prêt. Lave-toi les mains et tu pourras manger.

    - Père est déjà parti à l'école ? demanda Shenlaw.

    - Oui. D'ailleurs c'est lui qui vous conduira à l'épreuve, dit sa mère.

    - D'accord. Je vais aller prendre une douche avant de manger.


    La maison des Lonewei était plutôt cossue pour des paysans. La famille avait des revenus un peu plus élevés que les autres familles d'agriculteurs grâce à Méléa et à Kravann qui donnaient une partie de leurs soldes, mais leur relative petite fortune était liée aux inventions de Shenlaw. À sept ans, il avait inventé un chariot qui facilitait la plantation et la récolte dans les champs en étant couché sur le ventre. L'invention avait eu beaucoup de succès auprès des agriculteurs et la famille avait acquis une certaine notoriété pendant un temps. Pour éviter d'être dérangé par des sollicitations quotidiennes, son père Junfan avait décidé de s'attribuer la parenté de l'invention au grand soulagement de son fils. Shenlaw ne voulait pas devenir célèbre pour ne pas mettre en avant son handicap. Malgré leur petite richesse, les Lonewei vivaient modestement. Ils ne voulaient pas être différents de leurs amis en ne portant pas de signes de richesse ostentatoires. Seul le confort de leur maison était leur petite extravagance. Shenlaw s'était occupé de l'aménagement intérieur et avait imaginé presque tous les meubles et les commodités. Tout était fabriqué sur place par la famille pour éviter trop de dépense et grâce à la maîtrise du ki d'Ellia et de Junfan. Les meubles n'avaient pas de décoration sculptée ou peinte contrairement à la mode arcaenne qui est très chargée et baroque. La simplicité des formes était un choix délibéré du garçon et cela avait beaucoup déstabilisé toute la famille et les personnes qui avaient visité la maison. Étrangement, grâce à l'harmonie de l'aménagement de Shenlaw, les pièces de la maison semblaient très luxueuses. Cependant, la décoration était un peu trop extravagante pour les autres.


    Après une bonne douche et un petit déjeuner copieux, Shenlaw alla se reposer dans sa chambre. Sa porte donnait sur une grande étagère remplie de sculptures et de babioles plus ou moins étranges qu'il avait créées. Juste à côté de la porte se trouvait son espace de travail où des outils de dessin et de sculpture étaient posée et d'autres créations étaient en cours d'élaboration. Son lit était un peu plus loin et Shenlaw s'affala dessus. Il prit un livre avec une belle couverture sculptée sur une petite commode qui était à côté du lit. C'était celui d'Estiel qui le lui avait donné un mois plus tôt. L'ouvrage était protégé par un système de verrouillage qui semblait magique. Shenlaw repensa à son entrevue avec Estiel sur la plaine de la porte ouest.  


    - Il y a deux conditions pour que je puisse te prendre sous mon aile, dit Estiel. Il faudra que tu excelles à la Grande École. Bien sûr, je ne prendrai pas en compte les résultats des disciplines liées au ki.

    - Je pense que ça sera une formalité, dit Shenlaw avec assurance.

    - La seconde condition est plus difficile à remplir. Elle n'est pas indispensable, mais je te conseille fortement de la réussir. Ça te permettra d'être bien vu malgré ton handicap.

    - En effet, ça serait pas mal.

    - Je veux que tu obtiennes la dernière épée d'or à l'épreuve des épées sacrées.


    Shenlaw devint pâle.


    - Qu… Quoi ? demanda Shenlaw.

    - Je sais. Tu penses que tu ne peux pas l'avoir à cause de ton handicap, mais tu as tes chances, dit Estiel.

    - Sérieusement ?

    - Oui.

    - Comment ? Seuls ceux qui maîtrisent le ki à un très haut niveau peuvent avoir une épée d'or.

    - C'est vrai, mais dans ton cas…

    Estiel se tut un instant puis il se dirigea vers un coffre, l'ouvrit et y chercha quelque chose. Il revint avec un livre avec une couverture sculpté dans du métal. Estiel la toucha et le livre s'ouvrit tout seul. Il présenta à Shenlaw la première page.


    - Si tu participes aux épreuves, je te donne ce livre, dit Estiel. Je pense qu'il pourra t'aider.

    - Euh… Je ne comprends pas ce qu'y est écrit.

    - Le livre est codé par précaution. Il contient des choses très intéressantes.

    Les étranges lettres intriguaient de plus en plus Shenlaw. Elles lui semblaient étrangement familières.


    - Est-ce que je peux prendre le livre juste pour voir de plus près ? demanda-t-il.

    - Bien sûr.


    Estiel donna le livre à Shenlaw. Tout à coup, l'ouvrage se referma à peine entre les mains du garçon. Il essaya de l'ouvrir mais le livre resta solidement fermé.


    - C'est pas moi qui ai fait ça ? demanda Shenlaw.

    - Ne t'inquiète pas, c'est normal, dit Estiel. Le livre a un système de verrouillage magique. Seuls ceux qui en ont l'autorisation peuvent l'utiliser.

    - Quoi ? C'est la première fois que je vois un truc pareil. C'est quoi ce livre ?

    - C'était le journal intime d'un vieil ami. Il avait le même handicap que toi. Et le système de verrouillage était une de ses inventions.

    - Sérieusement ? Je ne savais pas que ce genre de truc existait.

    - C'est une pièce unique. Malheureusement mon ami emporta dans sa tombe les secrets de fabrication et beaucoup d'autres choses.

    - Euh… Vous voulez que je reprenne ses travaux ?

    - L'idée m'a traversé l'esprit après que tu aies soumis ta proposition. Mais organiser un traffic et créer un objet sont deux choses totalement différentes. Et mon ami était un vrai génie, je doute que tu puisses faire de même.

    - Je ne sais pas si je dois être soulagé ou vexé que vous me sous-estimiez ainsi.

    - Est-ce un petit relent d'orgueil ? dit Estiel amusé.

    - J'ai presque envie de vous montrer que je peux créer un système similaire.

    - Presque ?

    - Pour faire un tel système, il faut des outils très précis ou une personne qui puisse modeler des éléments extrêmement petits. Et je ne connais personne qui soit aussi talentueuse… C'est vous qui l'avez forgé.

    - Ton esprit est très vif.

    - Vous n'avez pas gardé les schémas ?

    - Je dois avouer que je ne comprenais rien quand je l'ai fabriqué malgré les explications de mon ami. Il me dictait simplement les procédures. Et puis c'était il y a plus de mille ans.

    - Le livre est si vieux ? Comment est-il en si bon état ?

    - J'ai utilisé la technique de renforcement dessus régulièrement. C'est aussi pour ça qu'il est aussi solide.

    - Votre ami s'appelait comment si ce n'est pas indiscret.

    - Tomy.

    - Tomy… Tomy Liv ?

    - Oui.


    Shenlaw rendit le livre à Estiel avec une certaine frayeur.


    - Vous voulez me donner le journal d'un des fondateurs d'Arcaé ? Pourquoi ? demanda le garçon un peu paniqué.

    - Si tu réussis les épreuves des épées sacrées, je t'en dirai plus.

    - Raaaahh !!!… Je veux bien participer aux épreuves, mais je veux redéfinir les conditions.

    - Tu veux négocier ?

    - Vous avez clairement des projets pour moi et je pense que je peux les réaliser. Sinon cet entretien serait simplement du temps perdu.

    - Très bien. Je t'écoute.

    - Euh… sérieusement ?

    - Ton argument se tient.

    - D'accord… euh… Je voudrais que vous me parrainez sans condition dès le début. J'aurai l'esprit plus tranquille et je serai plus efficace pour travailler. Je ne vous ferai pas déshonneur.

    - Hum… Accordé. Autre chose ?

    - J'aimerai que vous me donniez le journal maintenant. Je ne pourrai pas l'étudier une fois que je serai à l'école.

    - Bien tenté, mais tu l'auras après avoir participé aux épreuves.


    Shenlaw voulait le livre et décida de jouer son va-tout.


    - La première phrase du journal est "À toi qui aura ce journal et qui saura le lire, si Estiel est encore en vie, dit à ce petit pongdã qu'il a fait du bon boulot et que je m'occupe de former celui-là pour le futur de Kaldaeria."


    Estiel regarda le petit garçon stupéfait. Ses yeux commencèrent à s'humidifier mais le Déva resta stoic. Il posa sa main droite sur la couverture du journal et semblait incanter un sort. Le livre s'illumina d'une faible lumière. Puis Estiel le présenta de nouveau au garçon.


    - Mets ta main droite sur la couverture et répète après moi la formule magique que je vais te dire, dit Estiel.


    Shenlaw s'exécuta. La lumière du livre clignota un petit instant puis s'éteignit.


    - Le journal est maintenant à toi, dit Estiel.

    - Vraiment ?

    - Tu as juste à toucher le cercle au milieu pour l'ouvrir.


    Shenlaw testa la procédure et le livre s'ouvrit sans peine. L'enthousiasme se lisait sur son visage au fur et à mesure qu'il feuilletait le journal. Puis sa joie s'estompa.


    - C'est un lourd poids que je viens de mettre sur tes épaules, dit Estiel.

    - Je l'ai cherché mon seigneur. J'ai l'impression que vous avez encore beaucoup de choses à me dire.

    - En effet. On en reparlera après les épreuves.

    - Raaaah, j'en étais sûr !

    - Je pense qu'on s'est tout dit pour le moment. Je te libère. Je te raccompagne dehors.

    - Merci mon seigneur.


    Estiel accompagna Shenlaw en dehors de sa tente où attendaient Méléa et Kravann.


    - Shenlaw ! C'est l'heure, il faut y aller ! dit sa mère.

    - J'arrive ! dit-il.


    Après s'être préparés, Shenlaw et Léna partirent à l'école communale sous le regard inquiet de leur mère qui devait rester chez eux pour s'occuper des bêtes de la ferme.


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